Quels sont les symptômes d’un manque de zinc ?

Perte de cheveux, manque d’appétit, cicatrisation plus lente, infections répétées… Un manque de zinc peut se manifester de différentes façons, car ce minéral intervient dans de nombreux processus essentiels de l’organisme.

Par 11 min de lecture

Cependant, ces symptômes ne sont pas spécifiques d’une carence en zinc. Ils peuvent avoir de nombreuses autres causes. La présence d’un ou plusieurs de ces signes ne suffit donc pas à conclure à un déficit.

Alors, à quoi sert réellement le zinc, quels signes doivent attirer l’attention et comment savoir si l’on en manque ?

À quoi sert le zinc dans l’organisme ?

Le zinc est un oligo-élément essentiel : notre organisme en a besoin en petites quantités, mais il ne peut pas fonctionner normalement sans lui.

Il intervient notamment dans :

  • le fonctionnement du système immunitaire ;

  • la synthèse de l’ADN et des protéines ;

  • la division cellulaire ;

  • la croissance et le développement ;

  • la cicatrisation ;

  • le maintien de la peau ;

  • les fonctions gustatives et olfactives ;

  • la reproduction.

Parce que le zinc agit dans de nombreux tissus, une carence peut entraîner des manifestations très différentes selon l’âge, l’importance du déficit et sa durée.

Quels sont les principaux symptômes d’un manque de zinc ?

1. Une diminution de l’appétit

La perte d’appétit fait partie des manifestations classiquement associées à une carence en zinc.

Elle peut apparaître chez l’enfant comme chez l’adulte et contribuer, lorsque le déficit est important ou prolongé, à une diminution supplémentaire des apports nutritionnels.

Une baisse d’appétit isolée reste néanmoins extrêmement peu spécifique et ne signifie pas nécessairement que l’on manque de zinc.

2. Une modification du goût ou de l’odorat

Le zinc participe au fonctionnement normal des systèmes gustatif et olfactif.

Un déficit peut donc provoquer :

  • une diminution du goût, appelée hypogueusie ;

  • une diminution de l’odorat ;

  • une modification de la perception des saveurs.

Une diminution récente du goût ou de l’odorat peut cependant également avoir de nombreuses autres causes, notamment certaines infections respiratoires ou certains médicaments.

3. Des cheveux qui tombent davantage

Une carence importante en zinc peut être associée à une alopécie, c’est-à-dire une perte de cheveux parfois importante ou localisée.

Cela ne signifie pas pour autant que toute chute de cheveux soit provoquée par un manque de zinc.

Une perte de cheveux peut également être liée :

  • au stress ;

  • à une carence en fer ;

  • à certaines maladies thyroïdiennes ;

  • aux variations hormonales ;

  • à certains médicaments ;

  • à des facteurs génétiques ;

  • à d’autres déficits nutritionnels.

Une chute importante ou persistante mérite donc une évaluation de sa cause plutôt qu’une supplémentation systématique.

4. Une peau plus fragile ou des éruptions cutanées

Le zinc joue un rôle important dans le maintien de l’intégrité de la peau.

Une carence importante peut notamment être associée à une dermatite ou à différentes lésions cutanées. Dans les déficits sévères, des lésions peuvent apparaître particulièrement autour de la bouche, du nez, des yeux ou sur certaines extrémités.

Ces manifestations restent toutefois non spécifiques : de très nombreuses maladies dermatologiques peuvent provoquer rougeurs, sécheresse ou irritations.

5. Une cicatrisation plus lente

Le zinc intervient dans plusieurs mécanismes impliqués dans la réparation des tissus.

Une carence peut donc être associée à une cicatrisation plus lente ou moins complète des plaies, notamment chez les personnes âgées ou présentant un déficit nutritionnel important.

Une plaie qui cicatrise mal doit néanmoins faire rechercher d’autres causes possibles, notamment une infection, un diabète ou un problème circulatoire.

6. Des infections plus fréquentes

Le zinc participe au fonctionnement du système immunitaire.

Un déficit important peut entraîner une altération des défenses immunitaires et augmenter la susceptibilité à certaines infections.

Chez l’enfant, l’OMS souligne notamment qu’un déficit en zinc peut réduire la résistance aux infections et affecter la croissance.

Mais attraper régulièrement des rhumes ne permet évidemment pas, à lui seul, de diagnostiquer une carence en zinc.

7. Fatigue et sensation de faiblesse

Une carence importante peut s’accompagner d’une sensation de léthargie ou de manque d’énergie.

Mais la fatigue est probablement l’un des symptômes les moins spécifiques.

Elle peut notamment être liée à :

  • un manque de sommeil ;

  • une carence en fer ;

  • une anémie ;

  • un stress important ;

  • une infection ;

  • un trouble thyroïdien ;

  • une alimentation insuffisante ;

  • de nombreuses autres situations.

Une fatigue isolée ne constitue donc pas une raison suffisante pour commencer une supplémentation en zinc.

8. Diarrhées

Les déficits importants en zinc peuvent également être associés à des diarrhées, notamment chez les nourrissons et les enfants.

La relation peut fonctionner dans les deux sens : certaines maladies digestives chroniques ou des diarrhées prolongées peuvent également favoriser les pertes de zinc ou en diminuer l’absorption.

9. Retard de croissance chez l’enfant

Le zinc joue un rôle particulièrement important pendant les périodes de croissance.

Chez l’enfant, une carence prolongée peut être associée à :

  • un ralentissement de la croissance ;

  • une perte d’appétit ;

  • une susceptibilité accrue aux infections ;

  • dans les déficits plus importants, un retard de maturation sexuelle.

L’OMS rappelle que le zinc participe à la croissance cellulaire, à la différenciation et au métabolisme, et qu’un déficit peut limiter la croissance de l’enfant.

10. Troubles de la fonction reproductive

Dans les carences importantes et prolongées, le zinc peut également affecter les fonctions reproductives.

Chez l’homme, des déficits sévères ont notamment été associés à une diminution de la production de spermatozoïdes et à un retard de maturation sexuelle chez l’adolescent.

Ces situations correspondent généralement à des carences beaucoup plus importantes qu’un simple apport alimentaire légèrement insuffisant.

Les taches blanches sur les ongles sont-elles un signe de manque de zinc ?

C’est une idée très répandue, mais des petites taches blanches isolées sur les ongles ne permettent pas de diagnostiquer une carence en zinc.

Les anomalies des ongles ont de nombreuses causes et sont souvent liées à de petits traumatismes de la matrice de l’ongle.

Des atteintes des ongles peuvent effectivement apparaître lors de déficits en zinc sévères, mais elles sont généralement associées à d’autres manifestations cliniques.

Autrement dit :

Une tache blanche sur un ongle ≠ une carence en zinc.

Qui risque davantage de manquer de zinc ?

Certaines situations augmentent le risque d’avoir des apports insuffisants ou une mauvaise absorption du zinc.

Les personnes atteintes de maladies digestives

Certaines maladies peuvent réduire l’absorption intestinale du zinc, notamment :

  • maladie de Crohn ;

  • maladie cœliaque ;

  • rectocolite hémorragique ;

  • autres syndromes de malabsorption.

Les personnes ayant subi une chirurgie bariatrique présentent également un risque plus élevé.

Les personnes suivant une alimentation végétarienne ou végétalienne

Les régimes végétaux peuvent parfaitement apporter du zinc, mais son absorption peut être plus faible.

Les légumineuses, céréales complètes, noix et graines contiennent en effet des phytates, des composés qui se lient au zinc dans l’intestin et réduisent sa biodisponibilité.

Les besoins alimentaires doivent donc être particulièrement bien couverts lorsque l’alimentation contient peu ou pas de produits d’origine animale.

Les femmes enceintes ou allaitantes

Les besoins en zinc augmentent pendant la grossesse et l’allaitement en raison des besoins liés au développement du bébé et à la production de lait maternel.

Certaines personnes ayant une consommation chronique importante d’alcool

La consommation chronique excessive d’alcool peut diminuer l’absorption intestinale du zinc et augmenter son élimination dans les urines.

Le NIH rapporte ainsi que les déficits sont plus fréquents chez les personnes présentant un trouble lié à la consommation d’alcool.

Les personnes présentant une dénutrition

Un apport alimentaire insuffisant ou très restrictif peut naturellement conduire à un apport insuffisant en zinc ainsi qu’en plusieurs autres micronutriments.

Comment savoir si l’on manque réellement de zinc ?

C’est une question importante car les symptômes seuls ne permettent pas de poser le diagnostic.

Un dosage du zinc dans le sang peut être réalisé, mais son interprétation n’est pas toujours simple.

Le taux de zinc sanguin varie notamment selon :

  • l’âge ;

  • le sexe ;

  • l’heure du prélèvement ;

  • la présence d’une infection ;

  • certaines variations hormonales ;

  • une maladie récente ou une perte de poids.

Le NIH précise que les concentrations sériques ou plasmatiques sont fréquemment utilisées en pratique clinique, mais qu’elles ne reflètent pas toujours parfaitement le statut global en zinc.

Le professionnel de santé prend donc généralement en compte à la fois :

les symptômes + l’alimentation + les facteurs de risque + éventuellement les analyses biologiques.

De combien de zinc avons-nous besoin chaque jour ?

Les références nutritionnelles américaines utilisées par le NIH indiquent notamment chez l’adulte :

  • homme : 11 mg/jour ;

  • femme : 8 mg/jour ;

  • grossesse : 11 mg/jour ;

  • allaitement : 12 mg/jour.

Les besoins varient cependant selon l’âge et la situation physiologique.

L’objectif n’est pas de consommer le plus de zinc possible, mais d’en apporter suffisamment pour couvrir les besoins de l’organisme.

Quels aliments contiennent le plus de zinc ?

Le zinc est présent dans de nombreux aliments.

Les principales sources comprennent :

  • les huîtres et autres fruits de mer ;

  • la viande ;

  • le poisson ;

  • les œufs ;

  • les produits laitiers ;

  • les légumineuses ;

  • les noix et graines ;

  • les céréales complètes.

Les aliments d’origine animale présentent généralement une meilleure biodisponibilité du zinc, tandis que les phytates présents dans certaines céréales et légumineuses peuvent en réduire l’absorption.

Une alimentation diversifiée permet généralement de couvrir les besoins chez une personne en bonne santé.

Faut-il prendre un complément de zinc ?

Un complément peut être pertinent lorsqu’un apport insuffisant ou une carence est identifié, ou dans certaines situations particulières.

Mais il ne faut pas considérer le zinc comme un complément à prendre systématiquement dès que l’on se sent fatigué ou que l’on perd quelques cheveux.

Une supplémentation excessive peut elle-même devenir problématique.

Trop de zinc peut-il être dangereux ?

Oui.

Un apport excessif en zinc peut provoquer :

  • nausées ;

  • vomissements ;

  • douleurs ou inconfort digestif ;

  • maux de tête ;

  • vertiges ;

  • perte d’appétit.

Des doses de 50 mg par jour ou plus pendant plusieurs semaines peuvent notamment réduire l’absorption du cuivre et conduire à un déficit en cuivre. Elles peuvent également altérer certaines fonctions immunitaires.

Pour les adultes en bonne santé, la limite supérieure tolérable fixée par le Food and Nutrition Board américain est de 40 mg de zinc par jour, toutes sources alimentaires et compléments confondues. Cette limite ne s’applique pas de la même manière lorsqu’un médecin prescrit du zinc pour traiter une carence documentée.

Le zinc peut-il interagir avec des médicaments ?

Oui.

Les compléments de zinc peuvent notamment diminuer l’absorption de certains antibiotiques appartenant aux familles :

  • des quinolones ;

  • des tétracyclines.

Ils peuvent également interagir avec la pénicillamine, utilisée notamment dans certaines maladies.

Si vous prenez régulièrement un traitement, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de commencer un complément contenant du zinc.

Quand faut-il consulter ?

Demandez conseil à un professionnel de santé si vous présentez plusieurs symptômes persistants tels que :

  • perte de cheveux importante ;

  • perte d’appétit prolongée ;

  • diminution du goût ou de l’odorat sans explication évidente ;

  • plaies qui cicatrisent difficilement ;

  • éruptions cutanées inhabituelles ;

  • infections répétées ;

  • diarrhées persistantes ;

  • retard de croissance chez un enfant ;

  • fatigue prolongée accompagnée d’autres symptômes.

Une consultation est également recommandée si vous présentez un facteur de risque de carence, notamment une maladie digestive chronique ou une chirurgie ayant modifié l’absorption intestinale.

Manque de zinc : les signes à retenir

Les principaux signes pouvant être associés à une carence en zinc comprennent :

Perte d’appétit → Modification du goût ou de l’odorat → Chute de cheveux → Altérations de la peau → Cicatrisation plus lente → Infections plus fréquentes → Fatigue → Troubles digestifs → Retard de croissance chez l’enfant.

Mais aucun de ces symptômes n’est, à lui seul, spécifique d’un manque de zinc.

La meilleure approche consiste donc à identifier la cause des symptômes avant de commencer une supplémentation.

Une alimentation équilibrée contenant suffisamment de sources de zinc couvre généralement les besoins de la majorité des personnes. Lorsque le risque de carence est plus important, votre médecin ou votre pharmacien peut vous aider à déterminer si un apport complémentaire est pertinent.

Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace pas le diagnostic, le conseil ou le traitement proposé par un professionnel de santé.

Sources & références

  1. National Institutes of Health – Office of Dietary Supplements (NIH ODS). Zinc – Fact Sheet for Health Professionals. Mise à jour 2026. Référence principale concernant les fonctions du zinc, les manifestations d’une carence, les apports recommandés, les populations à risque et les risques d’un apport excessif.
  2. National Institutes of Health – Office of Dietary Supplements (NIH ODS). Zinc – Fact Sheet for Consumers. Symptômes du déficit, sources alimentaires et populations susceptibles d’avoir des apports insuffisants.
  3. Johnson LE. Zinc Deficiency. MSD Manual Professional Edition. University of Arkansas for Medical Sciences. Revue mai 2025. Manifestations cliniques, facteurs de risque et diagnostic de la carence en zinc.
  4. Organisation mondiale de la Santé (OMS). Zinc supplementation and growth in children. Données concernant le rôle du zinc dans la croissance, le métabolisme et la résistance aux infections chez l’enfant.
  5. King JC, Brown KH, Gibson RS, et al. Biomarkers of Nutrition for Development (BOND)—Zinc Review. Journal of Nutrition. 2016;146(4):858S–885S. Référence scientifique sur l’évaluation du statut en zinc, citée par le NIH.